J’ai relu très récemment « Las Vegas Parano » de Hunter S. Thompson et cela m’a fait pas mal réfléchir. Pas seulement à l’utilisation de la drogue, ni au fait qu’à 26 ans je n’ai toujours pas conduit de grosse décapotable rouge en plein désert, mais surtout sur le fait que chaque génération connait son âge d’or et que nous, sans le savoir, l’avons déjà vécus.
Mais quel était cet âge d’or ? Personnellement, je dirais que c’était le début des années 2000. Les cinémas étaient pleins à craquer de bons films (Tim Burton, Peter Jackson et les frères Wakoswky nous assuraient un bon film tous les 3 ou 4 mois), la musique revenait vers un rock innovant, acceptant maintenant l’électronique et le rap comme étant de bons rythmes (ah, Gorillaz!), les mangas envahissaient notre marché, ouvrant en même temps les portes à un retour de la BD franco-belge, les jeux vidéos devenaient ce qui est maintenant le plus gros marché financier mondial grâce à de vrais, très bons jeux (Prince Of Persia: Sands Of Time, Burnout 3, Final Fantasy X, Metal Gear Solid 2) et la littérature n’était pas en reste grâce aux derniers Arthur C. Clarke, Brian Herbert, Terry Pratchett et Chuck Palahniuk.
Je ne dis pas qu’aujourd’hui on a de moins bons jeux vidéos, moins bons films, moins bonne musiques ou moins bon livres, je dirais plutôt qu’il n’y a plus cet impression de pouvoir aller à la librairie, prendre le premier livre sur une étagère et être quasi-sûr de ne pas être déçus. Le marketing a planté ses griffes dans ce qu’on aime, le produit en masse et laisse clairement retomber la qualité afin de nous en offrir des quantités insuportables.
Peut-être que le problème est ailleurs, en moi, en mes amis… Fini les vacances de trois mois, fini les week-ends à ne rien faire, fini le retour à la maison le soir à 17h où la seule chose qui nous attendait est une sauvegarde de Final Fantasy VII a finir. Nous avons été projetés dans le monde adulte, certains plus vite que d’autres, et avons dû sacrifier ces plaisirs pour nos responsabilités.
Je me demande si, comme moi, des milliers de hippies ont regardé derrière eux au milieu des années 70, se rendant compte jour après jour que même si leurs envies et leurs pensées n’avaient pas changé, ils n’arrivaient plus à vivre comme ils le souhaitaient, traqués à chaque instant par la réalité.
D’après Thompson, ils étaient plutôt occupés à regarder derrière eux si les flics croisés sur l’autoroute cinq ans auparavant n’étaient pas à leur trousse. Ce qui n’est pas du tout une bonne conclusion pour ce billet, mais ça me suffira :p